Le silence de Mélodie – Sharon M. Draper

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Bonjour à tous !

J’espère que tout se passe bien pour vous, et que vous avez passé de bonne vacance, riche en lecture (à l’inverse de moi-même). Puisque la rentrée scolaire arrive à grands pas, je me suis dit que ce serait l’occasion idéale pour vous parler d’un roman sur le thème du handicap à l’école. Vous connaissez peut-être Le silence de Mélodie, qui fait partie des meilleures ventes jeunesses des États-Unis depuis quelques années ? Si ce n’est pas le cas, je suis ravie de vous le faire découvrir !

« Quand j’ai eu deux ans, tous mes souvenirs avaient des mots, et tous mes mots avaient une signification.

Mais seulement dans ma tête.

Je n’ai jamais prononcé un seul mot. J’ai presque onze ans. »

Mélodie, 11 ans, est une fille pas comme les autres. Elle possède en effet une mémoire hors normes qui lui permet de se rappeler les moindres détails de son enfance. Elle est par ailleurs dotée d’une intelligence qui ferait pâlir des adultes et qui rendrait jaloux ses camarades. Le petit hic avec Mélodie est qu’elle n’a pas beaucoup d’amis et cela s’explique par le fait qu’elle souffre d’un handicap qui l’empêche de marcher, de parler, de manger toute seule, d’aller aux toilettes seules… En bref, d’être tout simplement autonome. Le plus gros du problème vient du fait qu’elle est constamment sous-estimée et beaucoup ignorent que derrière son handicap, se cache une brillante jeune fille.

Une enfance pas comme les autres

Nous découvrons Mélodie à travers son point de vu, nous racontant sa première expérience avec les mots. Depuis le berceau, les mots défilent dans son esprit et s’impriment dans son cerveau. Des mots du quotidien qu’elle entend par-ci par-là, émanant principalement des conversations de ses parents. À l’âge de deux ans seulement, elle comprenait déjà comment fonctionne le langage humain. Petit à petit elle comprit vite qu’il lui manquait quelque chose, car malgré cela, elle ne put jamais parler.

Petite, Au bout d’un certain temps, ses parents avaient également remarqué quelque chose d’étrange chez leur enfant. Elle ne marchait toujours pas, ne parlais toujours pas et n’arrivait pas à agripper des objets. Sa mère néanmoins décela très tôt en elle un potentiel intellectuel que personne n’avait perçu.

Son enfance a été partagée entre des rendez-vous chez des médecins qui ne la comprenaient pas, les espérances d’une mère qui voulait à tout prix qu’elle soit normale et le sentiment d’être un fardeau pour ses parents.

« Dans ma vie, j’ai rencontrais des dizaines de médecins qui ont tous essayé de m’analyser et de me cerner. Aucun d’eux n’a de solution à mon cas, donc en général je ne leur prête pas attention, et puisqu’ils me prennent pour une attardée, je joue les attardés »

Un quotidien rythmé en fonction de son handicap

Lorsque nous faisant la rencontre de Mélode, elle n’a pas d’amis de son âge. Elle est dans une école qui dispose d’une classe spécialisé et où elle apprend plus en regardant des documentaires télévisés plutôt qu’à l’école. Partout où elle va, elle attire le regard et constamment les gens la prennent pour une idiote. Puis vains le jour où elle apprend qu’un scientifique mondialement connu souffre du même handicap que le sien. Il s’agit du très célèbre Stephen Hawking. Il va être une source d’inspiration pour elle et la preuve vivante qu’un handicap n’empêche pas d’accomplir de grandes choses. Du haut de ses 11 ans, elle aura comme objectif d’intégrer le groupe de son école qui participera à un Quiz National où personne de sa situation n’a jamais participé.

Le personnage de Mélodie m’a énormément touché. Elle a vécu des situations auxquelles personne n’aimerait avoir affaire. Constamment sous-estimé, incapable de se défendre elle-même et être transparente aux yeux des autres. Certaines personnes agissaient comme si elle n’était pas là, comme si elle était sourde ou comme si elle n’éprouvait aucun sentiment. Son visage n’est certes pas très expressif, mais elle entend tout, elle voit tout et, malheureusement pour elle dans ces cas, elle mémorise tout.

J’ai particulièrement aimé le fait que la plume de l’autrice retranscrit à merveille le caractère d’une jeune enfant. L’écriture est souple et adaptée à une enfant précoce. Pour autant, on n’a pas l’impression d’avoir affaire à une enfant trop mature. Dans un sens, elle l’est, du fait de son vécu mais en même temps elle fait exactement son âge. Il lui arrive de faire des caprices, de bouder, etc., comme n’importe quel enfant. De ce fait, on l’imagine très facilement écrire ces lignes. J’ai trouvé ce personnage plus que réaliste et comme l’a si bien dit John Green, auteurs de Nos étoiles Contraires, on a l’impression d’être avec elle.

Le rôle des adultes dans sa vie

Dans cette histoire, les adultes prennent une place essentielle dans son apprentissage du monde. Il y a d’un côté ceux qui la sous-estiment constamment puis ceux qui voient plus loin que son physique, qui apprennent à la connaître et qui découvrent avec stupéfaction son potentiel instinctuel.

Il y a par exemple Violette, sa voisine de palier et baby-sitter et qui a très vite décelé en elle ce que même ses propres parents n’avaient jamais vu. Elles se sont très vite comprises et Violette sera à la fois son mentor, sa confidente mais également son amie, l’une des rares à la voir telle qu’elle est réellement : brillante, et non pas comme une handicapé. Elle a été mon personnage préféré, car elle a cru en Mélodie depuis qu’elle est toute petite.

J’ai trouvé ses parents également très réalistes. Un père qui ne voie que le positif en sa fille et une mère qui a mis un peu plus de temps à admettre que sa fille est différente. On ressent aisément de la part de sa mère l’envie d’avoir une fille normale au début du roman, mais pour autant on ne la déteste pas car, c’est tout de même compréhensible. Même si parfois j’ai trouvé ça un peu triste pour Mélodie, cela renvoie à une réalité auquel il n’est pas toujours évident pour des parents ayant des enfants en situation de handicap. Ils adorent leur enfant, j’en suis persuadé, mais ils se sentent parfois coupables et impuissants et plus que tout, ils espèrent faire d’autres enfants, mais « normaux ».  Les mères, étant donné qu’elles mettent au monde ces enfants, se sentent généralement beaucoup plus coupables que les pères. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti à travers les parents de Mélodie. Une fois ces appréhensions passées, sa mère sera sa meilleure alliée.

« – Vous n’êtes pas si malin, Monsieur, vous êtes juste veinard ! Tous ceux parmi nous qui ont toutes leurs facultés intactes ont de la chance, c’est tout. Mélodie est capable de comprendre des choses, de communiquer et de se débrouiller dans un monde où rien n’est adapté à elle. C’est elle la plus maligne »

Au même titre que ses parents, les enseignants jouent un rôle primordial dans la vie de Mélodie. Il y a ceux qui organisent leurs cours comme si ses camarades et elle n’avaient que 5 ans, ceux qui s’aperçoivent qu’elle apprend très rapidement et qui adapte leurs enseignements, ceux qui ne s’intéressent pas à elle, en l’ignorant, etc. En bref, j’ai trouvais cela très intéressant de voir comment chaque enseignants cité dans ce livre, s’y prend face à des élèves en situation de handicap et face à un cas comme Mélodie. Moi qui espère devenir professeur des écoles, j’ai beaucoup appris de ce roman. Le premier évidement est de ne pas sous-estimer ses élèves, de voir au-delà de leurs handicaps pour voir ce dont ils sont réellement capables, et par déçu tout de ne pas leur faire croire qu’ils sont différents sous prétexte qu’il souffre d’un handicap. Avoir le point de vue de Mélodie m’a été très gratifiant en tant que future enseignante.

… En conclusion …

Sharon M. Draper nous dépeint, par le biais du personnage  de Mélodie, la réalité de millier de personnes souffrant de paralysie cérébrale. Notamment grâce au point de vue d’une enfant, de sa psychologie, de son quotidien et de son entourage. Il nous rappelle à quel point, nous sous-estimons ces personnes, involontairement certes, mais parce que nous vivons dans un monde où le physique prime sur tout le reste.

Maintenant que vous en savez un peu plus sur ce roman, vous devez vous demander, « Mélodie va telle surmonté son handicap ? », « Se fera-t-elle des amis ? », « Parviendra-t-elle à parler ou à marcher un jour ? »… Si cela vous intéresse, je vous recommande de lire ce roman, cette merveille, que dis-je, ce Joyau. D’ailleurs, il se lie très rapidement (283, édition France Loisirs) alors FONCEZ !

le-silence-de-melodie

P.S : Ne trouvez-vous pas cette couverture magnifique ?

Merci d’avoir lu cette chronique jusqu’au bout et à très bientôt sur Welcome Buddies

WB signature

 

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